
On parle souvent des cinq langages de l’amour pour expliquer les différentes manières dont nous exprimons notre affection. Dans de nombreuses traditions, on retrouve également les cinq éléments, qui permettent de comprendre les forces qui animent le vivant. Le chiffre cinq semble revenir régulièrement lorsqu’il est question de mieux comprendre l’être humain. C’est peut-être pour cette raison que la découverte des cinq blessures de l’âme, décrites par Lise Bourbeau, m’a autant interpellée. Non pas parce qu’elles apportent une vérité absolue, mais parce qu’elles offrent une grille de lecture simple et profondément humaine de ce que nous portons en nous.
Au fil des années, j’ai rencontré de nombreuses personnes engagées dans un chemin de connaissance de soi. Certaines avaient du mal à prendre leur place. D’autres vivaient avec une peur constante d’être abandonnées ou trahies. D’autres encore se montraient extrêmement exigeantes envers elles-mêmes, comme si elles devaient continuellement prouver leur valeur. Derrière ces comportements, j’ai souvent retrouvé une histoire plus ancienne, parfois oubliée, parfois minimisée, mais toujours présente. Une histoire qui prend souvent racine dans les premières années de la vie.
L’un des aspects qui m’a le plus touchée dans les enseignements de Lise Bourbeau est l’idée que l’enfant ne vit pas les événements comme les adultes. Là où un adulte peut comprendre un contexte, une contrainte ou une difficulté passagère, l’enfant, lui, ressent avant tout ce qui se passe dans son cœur. Une absence, une promesse non tenue, une comparaison répétée ou une émotion ridiculisée peuvent être interprétées à travers son regard d’enfant et laisser une empreinte durable. Ce n’est pas l’événement en lui-même qui crée la blessure, mais le sens que l’enfant lui donne au moment où il le vit.
Avec le temps, ces expériences deviennent parfois les fondations invisibles de notre personnalité. Pour continuer à avancer, nous développons des stratégies de protection. Certains apprendront à se faire oublier pour ne plus être rejetés. D’autres chercheront à tout contrôler pour ne plus jamais revivre une trahison. D’autres encore deviendront extrêmement performants afin de ne plus ressentir l’injustice ou l’humiliation. Ces mécanismes ne sont pas des défauts. Ils sont les témoins de notre incroyable capacité d’adaptation.
Lors de ma formation avec REVA, une autre dimension est venue enrichir cette compréhension. J’y ai découvert que notre histoire ne s’inscrit pas seulement dans nos pensées ou nos émotions. Elle s’inscrit également dans notre corps. Notre manière de nous tenir, d’occuper l’espace, certaines tensions récurrentes ou certaines caractéristiques morphologiques peuvent parfois révéler les stratégies que nous avons mises en place pour nous protéger. Bien entendu, il ne s’agit pas de cataloguer les personnes ni de poser des diagnostics à partir d’une silhouette. Mais le corps raconte souvent une partie de l’histoire que les mots ont oubliée.
C’est cette rencontre entre les blessures de l’âme et la lecture du corps qui a nourri une grande partie de mes recherches ces dernières années. Plus j’avançais, plus je comprenais que nous sommes le résultat d’une histoire beaucoup plus vaste que nous-mêmes. Nous portons notre vécu personnel, mais aussi parfois les traces des générations qui nous ont précédés. Nos parents, nos grands-parents et leurs ancêtres ont traversé des épreuves, des guerres, des séparations, des deuils ou simplement une époque où l’on parlait peu des émotions. Ils ont transmis ce qu’ils pouvaient transmettre avec les ressources dont ils disposaient.
Aujourd’hui, nous avons la chance de vivre à une époque où ces sujets peuvent être explorés avec davantage de conscience. Nous pouvons regarder notre histoire avec douceur plutôt qu’avec jugement. Nous pouvons comprendre sans accuser. Nous pouvons apprendre sans culpabiliser. Et surtout, nous pouvons transmettre autrement aux générations qui nous suivent.
C’est d’ailleurs l’arrivée de mon petit-fils Gabriel qui a donné une direction nouvelle à cette réflexion. En le regardant grandir, j’ai commencé à me demander comment nous pouvions aider les enfants d’aujourd’hui à construire des racines solides. Non pas pour leur éviter toutes les difficultés de la vie, car cela est impossible, mais pour leur offrir un environnement qui nourrisse leur confiance, leur sécurité intérieure et leur capacité à devenir pleinement eux-mêmes.
De cette réflexion sont nés les guides « Offrir des racines solides ». Ils ne prétendent pas former des parents parfaits. Ils proposent simplement quelques repères issus de mes recherches, de mon expérience et des enseignements qui ont jalonné mon parcours. J’espère qu’ils permettront à chaque parent de porter un regard plus conscient sur les besoins émotionnels de son enfant et de semer, au quotidien, quelques graines de présence, d’écoute et d’amour.
Car si les blessures de l’âme peuvent parfois marquer une vie, elles peuvent aussi devenir des portes vers davantage de compréhension, de sagesse et de transmission.
De cette réflexion sont nés les guides « Offrir des racines solides », destinés aux parents de petits garçons et de petites filles.
Vous pouvez les télécharger gratuitement ici :
🌿 https://lerevedekenjama.com/offrir-des-racines-solides
J’espère qu’ils permettront à chaque parent de porter un regard plus conscient sur les besoins émotionnels de son enfant et de semer, au quotidien, quelques graines de présence, d’écoute et d’amour.