
Aujourdโhui, je rรฉflรฉchisโฆ Dans quelques heures, une dรฉpression tropicale va frรดler lโรฎle de La Rรฉunion. Comme ร lโaccoutumรฉe, notre commune coupera lโeau. Alors, en guise de prรฉvention, je remplis les contenants, pour assurer un minimum dโeau durant ces jours incertains.
Je pense ร ces femmes, dโhier, dโaujourdโhui et de demain, aux quatre coins du monde, qui marchent vers le puits ou la riviรจre, portant lโeau comme on porte la vie.
Je pense ร ces porteuses dโeau, porteuses de vie, porteuses du vivant.
Je pense ร leur dรฉmarche, droite et digne, malgrรฉ la lourdeur des jarres quโelles รฉquilibrent sur leur tรชte.
Je pense ร la fatigue imprimรฉe dans leurs muscles, aux kilomรจtres avalรฉs sous un soleil implacable.
Je pense ร leur pas, ร leur mission.
Je pense ร cette traversรฉe quotidienne, ร ces dangers qui guettent, ร cette soif qui les pousse en avant.
Je pense ร cette eau si prรฉcieuse quโelles ramรจnent, goutte aprรจs goutte, espoir aprรจs espoir.
Je pense ร celles qui, avant de repartir, versent aux plantes lโeau morte de la veille, afin dโaller chercher lโeau vivante du jour.
Je pense ร ce que jโai appris en lisant Mille Femmes Blanches ; ยซย ๐ฟรจ๐จ ๐ก๐๐จ ๐ฅ๐ง๐๐ข๐รจ๐ง๐๐จ ๐ก๐ช๐๐ช๐ง๐จ, ๐๐ ๐๐๐จ๐๐๐ฃ๐๐จ ๐๐๐๐ฆ๐ช๐ ๐ข๐๐ฉ๐๐ฃ ๐๐๐๐ง๐๐๐๐ง ๐๐ ๐ก’๐๐๐ช ร ๐ก’๐๐ฃ๐๐ง๐ค๐๐ฉ ๐ครน ๐๐ก ๐๐ค๐ง๐ข๐ ๐ช๐ฃ ๐ฅ๐๐ฉ๐๐ฉ รฉ๐ฉ๐๐ฃ๐. ๐๐ ๐๐๐ข๐ฅ ๐ฃ’๐๐จ๐ฉ ๐ฅ๐๐จ ๐๐ฃ๐๐ค๐ง๐ ๐ฉ๐ค๐ช๐ฉ ร ๐๐๐๐ฉ ๐งรฉ๐ซ๐๐๐ก๐กรฉ, ๐๐ฉ ๐’๐๐จ๐ฉ ๐ก’๐๐ฃ๐จ๐ฉ๐๐ฃ๐ฉ ๐ฆ๐ช๐ ๐๐ ๐ฅ๐งรฉ๐รจ๐ง๐ ๐๐๐ฃ๐จ ๐ก๐ ๐๐ค๐ช๐ง๐ฃรฉ๐.ย ยป
Je pense ร ces rรฉalitรฉs dโaujourdโhui encore. Je pense ร ces femmes, en Inde, en Afrique, ailleurs, qui, en 2025, continuent de risquer leur vie pour un simple seau dโeau.
Je pense ร vous, mes sลurs dโhier, dโaujourdโhui et de demain. Je pense ร vous, avec humilitรฉ et gratitude.
Avec tout mon amour, Sandrineย